C'est le changement le plus technique, mais le plus impactant. Le DPE exprime la consommation d'un logement en "énergie primaire", c'est-à-dire en intégrant les pertes entre la production et l'usage final. Pour l'électricité, ce coefficient était historiquement de 2,58, puis il a été abaissé à 2,3 en 2021.
Depuis janvier 2026, il passe à 2,0. Motif invoqué par le gouvernement : le mix électrique français, très décarboné (nucléaire + renouvelables), et les gains d'efficacité du réseau.
Traduction pour un propriétaire : les logements tout-électriques gagnent 1 à 2 classes DPE "gratuitement", sans aucuns travaux. Une maison classée F en 2024 avec radiateurs électriques peut devenir E ou D en 2026. C'est spectaculaire, parfois injustifié sur le plan thermique, mais juridiquement effectif.
« Environ 600 000 logements tout-électriques devraient sortir de la catégorie "passoire thermique" du seul fait de la réforme. »
Depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif réalisé à l'échelle d'une copropriété (immeuble entier) a la même valeur juridique qu'un DPE individuel. Conséquence :
Bonne nouvelle pour les copropriétaires — moins de paperasse — mais attention : si le DPE collectif classe votre immeuble en F, votre appartement hérite de cette classification même si votre lot est parfaitement isolé.
Les seuils de kWh/m²/an pour chaque classe DPE n'ont pas été modifiés. Ce qui change, c'est le calcul qui détermine où votre logement se situe. Les principaux reclassements attendus :
L'enjeu est réel. En 2026, les logements classés G sont interdits à la location lors d'un nouveau bail (en application de la loi Climat et Résilience). Les classés F suivront au 1er janvier 2028. La réforme du DPE va donc faire sortir de nombreux logements de ces catégories — un effet d'aubaine pour certains propriétaires.
En vente, l'impact sur le prix est documenté : une classe D vaut environ 5% de plus qu'une classe F/G équivalente, une classe B ou A 12 à 15% de plus. Avec la réforme, un logement qui était D devient potentiellement C : un léger coup de pouce à la valeur de revente.
Attention cependant : les acheteurs avertis regardent au-delà du DPE. Un audit énergétique reste exigé pour la vente d'une maison classée D, E, F ou G. La réforme déplace les curseurs mais ne transforme pas une passoire réelle en logement performant.
Faites refaire un DPE. Coût : 100 à 250€. Vous pouvez y gagner 1 à 2 classes, avec un impact direct sur votre valeur à la revente, votre capacité à louer, et vos aides à la rénovation.
Vérifiez si votre syndic a fait réaliser le DPE collectif. Si oui, inutile d'en refaire un individuel pour la plupart des démarches. Si non, insistez en AG : c'est obligatoire pour les immeubles de plus de 50 lots.
Programmez votre DPE après une éventuelle rénovation, pas avant. Le bon timing : rénovation → DPE post-travaux. Cela permet de présenter à l'acheteur la nouvelle classe, pas l'ancienne.
Le coefficient revalorisé à 2,0 rend la PAC encore plus attractive sur le plan du DPE. Sur notre maison de référence, le remplacement d'une chaudière gaz par une PAC fait typiquement gagner 3 classes DPE (D → A) contre 2 sous l'ancien régime. De quoi débloquer les aides "rénovation performante" de MaPrimeRénov'.
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